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  <title>Poèmes de Gil Pasteur</title>
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  <description>Poèmes de Gil Pasteur (noces de sable et Pierres d'attente).</description>
  <language>en</language>
  <pubDate>Fri, 03 Apr 2026 16:32:38 +0200</pubDate>
  <copyright>Tous droits réservés</copyright>
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  <item>
    <title>Noces de sable</title>
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    <pubDate>Thursday  7 June 2007</pubDate>
    <dc:creator>Ex Nihilo</dc:creator>
        
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu m&amp;#8217;as créée pour un amour démesuré. Pourquoi mon âme demeure-t-elle dans
un corps si fragile&amp;#160;? Obscure et douloureuse cette passion d&amp;#8217;inquiétude et
démentielle l&amp;#8217;exaltation dans laquelle elle me maintient.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu as fui sous ce ciel tellement clair que je ne sais toujours pas s&amp;#8217;il
était le premier ou le dernier du monde. Tu n&amp;#8217;as pas eu le courage de regarder
l&amp;#8217;appel de mes yeux. Tu t&amp;#8217;étais tourné vers le chemin que tu avais déjà choisi
et qui t&amp;#8217;éloignait de moi à jamais. Je suis restée seule et immobile sous le
soleil, cherchant à capturer la trace de ton ombre et j&amp;#8217;ai murmuré dans ta
langue les mots de soumission.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi me l&amp;#8217;avais-Tu donné si c&amp;#8217;était pour me le reprendre&amp;#160;? Crois-tu
que j&amp;#8217;aie la force des lionnes pour supporter cette déchirure&amp;#160;? Quel
plaisir prends-Tu à me voir à genoux murmurant une prière que tu ne parais pas
entendre et pleurant de souffrance&amp;#160;? Je ne comprends pas et tu le sais. Je
ne sais pourquoi mes pieds si légers s&amp;#8217;échardent dans ce chemin, pourquoi,
peuplée de tant de personnages, je suis seule à hurler des mots de sable.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;IV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis revenue dans la demeure de l&amp;#8217;Aimé. Comme dévastée par une horde
sauvage. J&amp;#8217;ai lavé les draps de l&amp;#8217;amour tachés du sang des vierges que je lui
avais offertes. Leurs cris d&amp;#8217;angoisses, leurs sueurs de plaisirs me revenaient
au bord des yeux, au bord des lèvres, au bord du coeur. Drapeaux blancs de mes
redditions claquant dans le soleil, ils m&amp;#8217;apportaient l&amp;#8217;appel du vent du
désert.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;V&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon Dieu, je n&amp;#8217;étais guère au monde avant de le connaître mais depuis qu&amp;#8217;il
s&amp;#8217;est éloigné de mon corps, il me semble être devenue irréelle. Des gestes mais
dont le sens m&amp;#8217;est étranger. Mon coeur un poids lourd et sombre que je traîne
misère. Je suis restée en lui - l&amp;#8217;Absent - comme je suis en Toi. Que veux-tu
donc de moi&amp;#160;? Je suis à la fois stérile et en état de viduité.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;VI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es parti vers une part de toi-même en ignorant que ta vérité n&amp;#8217;existait
qu&amp;#8217;entre mes mains. Sans vouloir croire que j&amp;#8217;étais ta vie et que ma mort
serait ta mutilation éternelle. Tu connaîtras la douleur de l&amp;#8217;Arraché, tu
goûteras le sel amer des lèvres désertées, tu sentiras mon absence dans tous
les corps que tu voudras aimer. Tu me rechercheras mais seul le tambour des
sables te parlera encore de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;VII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre toute raison, j&amp;#8217;attendrai. En errant sur les pistes marquées des
signes mystérieux des solitaires. Je pars à l&amp;#8217;heure où la première prière
déchire le ciel et foudroie l&amp;#8217;onirique péché de la chair. S&amp;#8217;éloigne pour moi la
terre que borde l&amp;#8217;écume où se croisent les voiles prometteuses de l&amp;#8217;oubli du
large. J&amp;#8217;ai préféré l&amp;#8217;immensité du sable à celui du sel. Je n&amp;#8217;ai d&amp;#8217;autre
boussole que mon propre mirage.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;VIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je jure de ne revenir en ces lieux qu&amp;#8217;au bras du Bien-aimé. Comme est long
l&amp;#8217;écartèlement. J&amp;#8217;avance dans ma seule ombre, dans mon seul bruit. Pourquoi
n&amp;#8217;ai-je point aimé quelqu&amp;#8217;un d&amp;#8217;aussi fou que moi&amp;#160;? Pourquoi dois-je être
tout ensemble Majdhûb et Layla&amp;#160;? Comme lui, je la cherche partout mais la
folie me guette puisque je suis aussi Layla.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;IX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O mon obsession de nuit lunaire, je suis au repos ce soir dans une oasis
remplie de fleurs. Les yeux clos, je revois les bouquets de roses et de
chèvrefeuille du pays de la montagne où je t&amp;#8217;ai rencontré, les bouquets de
jasmin au coucher du soleil&amp;#8230; Tant de fleurs sur nos chemins&amp;#8230; Mais ici, le
vent est lourd, orageux, chargé de mouches. J&amp;#8217;attends que passent le temps et
la route qui m&amp;#8217;emporteront au pays de ton corps quand le roi de coeur y sera
revenu. O ma nécessité, me donneras-tu encore ce qui me manque&amp;#160;? Ton
amour, ta présence, tes aubes souriantes et surtout la chaleur de ta peau qui
seule pourrait me rassurer contre la mort&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;X&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;#8217;avance au rythme lent de mon équipage et parle seule dans le vent et la
soif. Parfois, je me prends à sourire en me disant que finalement mon
Bien-aimé, tu n&amp;#8217;es qu&amp;#8217;une affaire entre Dieu et moi. Homme libre, savais-tu que
tu n&amp;#8217;étais qu&amp;#8217;objet de palabre mystique&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amour de nuit, mélandre qui colle à ma peau nue enveloppée dans ma
gandourah, tu m&amp;#8217;as volé mon rire et mon sommeil. Et c&amp;#8217;est moi qui suis crispée
comme un malfaiteur. Qui me cherche dans cet enfer&amp;#160;? A quel dieu ai-je
inspiré tant de colère&amp;#160;? Pour apaiser mon angoisse j&amp;#8217;égrène mon chapelet
de santal. Je crois que je deviens doucement folle mais je prie pour toi plutôt
que pour moi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi m&amp;#8217;avoir fait la route aussi dure&amp;#160;? Le vent de sable me brûle
les yeux jusqu&amp;#8217;au sang et trouble mes oreilles. Pour quel miroir cherches-Tu à
donner à mon corps la dureté diamantine&amp;#160;? Il se peut que Tu te trompes sur
sa résistance. Je faiblis. Une dune cache l&amp;#8217;autre. Dansent dans leur éclat mes
fantasmes ou mes souvenirs, je ne sais plus. Mon corps s&amp;#8217;effraie devant
l&amp;#8217;épreuve de l&amp;#8217;ordalie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oasis. L&amp;#8217;eau fraîche des bassins qui calme mes brûlures. L&amp;#8217;accueil du lait
et des dattes et le sable ombré doux à mes pieds dans les venelles. Vallée de
l&amp;#8217;oued. Une nuit du sud presque dure à force de beauté. Sur une terrasse amie,
je bois doucement le thé à la menthe pendant qu&amp;#8217;une flûte se plaint de ma
douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XIV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de lieues étirent ma vie suspendue à la tienne ô Bien-aimé.
Momentanément immobile, j&amp;#8217;attends dans la prière un geste ou un appel afin que
cesse le supplice de l&amp;#8217;écartelée. Je croyais cette terre à la mesure de mon
âme, comme un don de Dieu. Pourquoi m&amp;#8217;oblige-t-il à m&amp;#8217;écarter des refuges qu&amp;#8217;il
me fait entrevoir&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta peau, terre d&amp;#8217;oubli. Forêt de tes cheveux bleutés. Je connais par coeur
les sentiers de tes veines et puis faire des arrêts là où elles s&amp;#8217;agitent plus
qu&amp;#8217;ailleurs&amp;#8230; le bruit de ton sang&amp;#8230; Je connais la courbure tendre de ton
sein, la largeur précise de tes reins, le creux aux baisers, le grain de ta
fesse, les tendons de tes pieds. Et le puits où étancher mes soifs. O pierre
levée, autel de mon adoration, pourfendeuse d&amp;#8217;espaces. Pas un coin de cette
terre où ne poussent mes immortelles, où ne paissent mes chimères.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XVI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petite fille que je croise d&amp;#8217;un sourire, sais-tu qu&amp;#8217;un jour le haïk ne
laissera plus visible de toi qu&amp;#8217;un coin d&amp;#8217;oeil, et que pour tout le monde,
excepté celui qui t&amp;#8217;aura choisie comme un fruit, tu cesseras d&amp;#8217;exister&amp;#160;?
Moi, si visible dans le miroir de tes yeux, je n&amp;#8217;existe pas&amp;#8230; Seul le
Bien-aimé m&amp;#8217;anime. J&amp;#8217;ai besoin de lui sans cesse pour ne pas être semblable à
toi, enfant d&amp;#8217;un long silence. S&amp;#8217;il me manque, je ne sais où porter mes pas et
mes larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XVII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;#8217;aube est arrivée sans que j&amp;#8217;aie rencontré le sommeil et j&amp;#8217;ai vu basculer
toutes les étoiles du ciel. J&amp;#8217;ai croisé l&amp;#8217;heure imminente mais la lune ne s&amp;#8217;est
pas fendue.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XVIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t&amp;#8217;aime. T&amp;#8217;aimant, je me perds en toi. Je t&amp;#8217;aime et ne veux pas me lasser
de te le dire, de te l&amp;#8217;inventer, de te le caresser, d&amp;#8217;en faire un feu de
douceur ou de douleur sur lequel nous brûlerons ensemble. Je t&amp;#8217;appartiens, ô
Maître&amp;#8230; Comment les gens qui me croisent ne voient-ils pas que ta peau manque
à ma peau, ton sourire à mon sourire, ta main à ma main et que tout mon être
est tendu vers toi, l&amp;#8217;Absent&amp;#160;? Je suis l&amp;#8217;écorchée de ta vie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XIX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O Seigneur, que les gestes répondent au coeur enfin, dans une création
continue de l&amp;#8217;Amour, dans la lumière foudroyante de l&amp;#8217;Absolu. Je sais sa zone
d&amp;#8217;ombre épaisse et noire. Je marche sur la ligne qui les sépare depuis si
longtemps comme un funambule manichéen. Y avait-il un bien&amp;#160;? Y avait-il un
mal? L&amp;#8217;homme a-t-il sa volonté&amp;#160;? Ce matin, je veux danser dans la lumière
pour écraser mon ombre, comme les fous.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&amp;#8217;est l&amp;#8217;heure où tous les oiseaux chantent, l&amp;#8217;heure où tu me dirais bon jour
comme toi seul sais le faire. Je voudrais, de tes cheveux décoiffés où se
perdaient mes mains et mes lèvres, jusqu&amp;#8217;au dessous de tes pieds qui eurent la
folie de te mettre sur mon chemin, je voudrais - ô tellement&amp;#160;! - parsemer
l&amp;#8217;étendue de ton corps de baisers et déposer sur ta peau l&amp;#8217;offrande des fleurs
et des oiseaux de l&amp;#8217;aube. J&amp;#8217;attends, ô Bien-aimé, le matin clair où je te
retrouverai contre mon coeur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Symbole de mes pères, tu contenais à toi seul tout ce qui berça mes
ancêtres, tout ce que je croyais perdu dans le temps. Le soleil, les oliviers,
la mer, le sable, les voiles latines, le figuier des barbaries, la fraîcheur
des puits et cette inaltérable soif d&amp;#8217;amour qui les fit se reproduire pour
qu&amp;#8217;un jour je te rencontre, pour qu&amp;#8217;un jour je dépose mes armes de conquérante
devant toi&amp;#8230; Au fond de toi je me suis perdue. Au fond de toi j&amp;#8217;ai retrouvé le
Créateur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les recherches de ma vie tendent vers une synthèse dont tu es
l&amp;#8217;Unité. J&amp;#8217;ai besoin de toi pour vivre, je respire avec ta poitrine, je bois
avec ta bouche, je caresse avec tes mains, j&amp;#8217;aime avec les battements de ton
coeur. Garde-moi dans ton ombre ô Bien-aimé. Abandonne-toi à ma folie comme je
m&amp;#8217;y abandonne.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O Bien-aimé, chaque jour perd un peu de réalité. Tout ce qui m&amp;#8217;entoure me
parait étrange et superflu. Je ne vois que toi, n&amp;#8217;attends que toi, j&amp;#8217;ai tout
axé sur toi. Ton sang court dans mes veines. Je suis en syngamie avec toi, ô
mon Absence. Je ne vis que parce que tu vis. Si tu me rejettes, je mourrais
mais tu perdras ton sang par ma blessure et nul ici-bas ne pourra te
sauver.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXIV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, je te rêve attaché pour mieux assouvir mon besoin de t&amp;#8217;aimer. Je
commence par lécher toute la surface de ta peau mise à nu, je te caresse
jusqu&amp;#8217;à te faire hurler de désir puis, tranquillement, morceau par morceau, je
te dévore doucement le coeur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vis dans un monde dont l&amp;#8217;horizon serait ma chute. Pourquoi bouger&amp;#160;?
Mon temps est devenu immobile. Je ressens le mal des ardents quand je tente de
trouver des points de rencontre avec les autres. Toi tu es de ce monde et de
tout temps puisque tu ne peux en partir sans faire une large plaie. Ai-je vécu
sans toi&amp;#160;? Non, je viens de naître, je n&amp;#8217;ai même pas de nom sauf celui
d&amp;#8217;Unique que tu me donnes et je ne sais plus rien dire sauf psalmodier&amp;#160;:
je t&amp;#8217;aime je t&amp;#8217;aime je t&amp;#8217;aime&amp;#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXVI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus je t&amp;#8217;aime, plus je m&amp;#8217;enfonce en moi-même, plus grand devient mon désir
de me perdre. Je t&amp;#8217;aime. Je t&amp;#8217;aime comme on entre en religion, de toute mon
âme. Je suis tienne et tu es mon maître, ô Mulaya. Que ne te donnes-tu à cet
amour comme je m&amp;#8217;y adonne afin que nous connaissions l&amp;#8217;embrasement total qui
nous détruirait pour que nous renaissions enfin à la vie&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXVII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon amour, mon dernier jour, ma dernière foi, dois-je t&amp;#8217;enfouir au fond de
ma déraison, dans l&amp;#8217;immobilité d&amp;#8217;une prière que je voudrais éternelle&amp;#160;?
Dois-je t&amp;#8217;attendre les yeux fixés sur un cadran lunaire&amp;#160;? Etant si peu à
la vie, je vais finir par perdre conscience de ton absence si elle se
prolonge.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXVIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ma peau, je traque ton odeur et je sens sous mes doigts les formes de ta
vie. Ta bouche est la mienne, ta salive est pour ma soif. Parviendrai-je à
traverser ce désert&amp;#160;? Autour de moi il n&amp;#8217;y a qu&amp;#8217;absence et silence, hormis
mon coeur fou qui gronde.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXIX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon Aimé&amp;#8230; J&amp;#8217;aimerais ce nom plus possessif encore. Mais il n&amp;#8217;est que la
projection de l&amp;#8217;amour qui est en moi qui ne m&amp;#8217;appartient pas. O mes
sorcières-mères, aidez-moi à lui faire croire que nous sommes liés comme la
chaîne et la trame, comme la ligne d&amp;#8217;une vie au destin d&amp;#8217;un enfant qui vient au
monde.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;#8217;ai posé tout le poids de ma liberté, tout le sens de ma vie sur cet amour.
Tu peux, d&amp;#8217;un arbitraire, me faire voler en éclats&amp;#8230; O ma terre promise qui
fait faux bond à la lune, dans quel futur m&amp;#8217;ouvriras-tu les bras&amp;#160;? Ta peau
d&amp;#8217;or était toute ma richesse. Désespérément, je tente d&amp;#8217;immobiliser ce temps
sans lumière.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXXI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais plus où je suis, jours et nuits sans sommeil. Nue dans le soleil
et sous la lune, je me baigne dans leurs flaques et crains le froid de l&amp;#8217;ombre.
Je suis comme une pierre, une rose des sables, en attente d&amp;#8217;étreinte, porteuse
d&amp;#8217;éternité, ses durs pétales éclatés comme mes doigts tendus vers le ciel
silencieux de ton absence.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXXII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce geste si simple que tous les hommes font, marcher, pourquoi m&amp;#8217;est-il
devenu si lourd, si difficile, si compliqué&amp;#160;? Si tu n&amp;#8217;es pas au bout de
mon chemin, planté droit dans la lumière de mon espérance et de ma foi vivante,
si tu n&amp;#8217;es pas mon but, pourquoi continuerais-je à avancer&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXXIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu étais l&amp;#8217;incarnation de ma silencieuse mémoire de Dieu, ma création du
monde, mon premier matin et la joie de ma nuit. Ma vie, c&amp;#8217;était ton souffle. Le
souffle de ton âme que tu ne connais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXXIV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis l&amp;#8217;Errante, la Sans-Terre, immobilisée çà et là dans des prières qui
coupent mon exode. Pour avoir partagé les joies oublieuses des lotophages, j&amp;#8217;ai
perdu le goût d&amp;#8217;autres conquêtes et la curiosité de fruits nouveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXXV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tu devais me faire mourir, que ne l&amp;#8217;as-tu fait de tes mains que j&amp;#8217;aimais
tant&amp;#160;? Même si elles m&amp;#8217;avaient étranglée, je les eus trouvées douces, plus
douces que cette immense blessure qui n&amp;#8217;en finit pas de saigner. Pourquoi
t&amp;#8217;ai-je rencontré, ô Mulaya, pour vivre ou pour mourir&amp;#160;? Sur ta peau que
mes caresses tentaient de lire, sur ce parchemin de nuit, j&amp;#8217;ai laissé Dieu
écrire mon destin d&amp;#8217;Immolée.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXXVI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma fin&amp;#8230; Elle n&amp;#8217;était pas là où je la croyais, sur les routes des rêves
avortés, des puits à sec, des fièvres sans objet&amp;#8230; Sexe et prière, symboles de
mes excès d&amp;#8217;amour. O temple de mon coeur, éclatant d&amp;#8217;amour divin, jusqu&amp;#8217;à ma
fin je te prierai, dût ton excessive lumière me rendre aveugle avant de me
consumer.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXXVII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais aimer moins. Je ne peux. Mes pas, qui ne conduisent qu&amp;#8217;au désert
du désert, martèlent doucement dans le sable les syllabes de ton nom. Envoûtée
d&amp;#8217;obsession, je sens me guetter la mort des derviches tourneurs.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXXVIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parviendrai-je à t&amp;#8217;oublier&amp;#160;? Oublie-t-on une épée scellée dans sa
chair, oublie-t-on qui vous a crucifiée&amp;#160;? Ni ma peau, ni mon odeur ne sont
miennes. Malgré tant de pleines lunes dans des lits d&amp;#8217;épines noires, j&amp;#8217;ai gardé
le reflet de ta couleur, mes pores exhalent ton parfum, mes sueurs ont le goût
de tes peines et mes yeux t&amp;#8217;ont à jamais emprisonné. Au fond des puits, c&amp;#8217;est
toi que je vois quand je me penche. Tous mes sens t&amp;#8217;ont retenu. Tu ne seras
plus jamais libre si je ne me libère de toi. Tu es à moi sur cette terre. Je
n&amp;#8217;aurai de repos éternel qu&amp;#8217;en fusion avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XXXIX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vois plus mon reflet sur le sable. Je me suis perdue en toi jusqu&amp;#8217;à
l&amp;#8217;oubli. N&amp;#8217;étant plus rien et ne pouvant devenir toi sans te perdre, je suis
l&amp;#8217;ombre de ton ombre, fragile état que le vent pousse de plus en plus loin des
hommes. J&amp;#8217;ai perdu jusqu&amp;#8217;au souvenir du corps solide de notre réalité. Suis-je
devenue - et seulement - le négatif d&amp;#8217;un rêve&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivre&amp;#160;: être toi plus que toi-même.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XLI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je ne sais plus vers qui tendre mes mains, devant qui me mettre à
genoux. Je n&amp;#8217;ai pas supplié. J&amp;#8217;ai adoré. Mon cri est sans écho. Seule, je suis
seule. Et perdue. Même ma peur serait inutile. Le sable frémit d&amp;#8217;impatience
devant nos noces prochaines.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XLII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amour, Amant, Aimé, seul Dieu peut être tout cela à la fois. Hérétique
obstinée, je t&amp;#8217;ai divinisé pour mieux t&amp;#8217;aimer. Mais Lui seul est en nous comme
nous sommes en Lui. Quand je t&amp;#8217;aimais, c&amp;#8217;est Dieu que j&amp;#8217;honorais et que je
trouvais. C&amp;#8217;est toi que je perds. C&amp;#8217;est moi qui meurt. Toi, qui es-tu?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XLIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etres définis, heureux mortels, comme toi. Le silence, c&amp;#8217;est toi, comme
l&amp;#8217;absence, comme le vide vertigineux. Tu n&amp;#8217;as été que cela et j&amp;#8217;ai monologué
sur un chemin jalonné de symboles. Ai-je un jour entendu ta voix&amp;#160;? Je ne
le crois plus. Un monologue, seul celui qui le poursuit peut y mettre fin. Ma
fin de toi&amp;#8230; Ma faim de toi&amp;#8230; L&amp;#8217;axe ensoleillé m&amp;#8217;éblouit et me brûlent ses
orbes salées. L&amp;#8217;ombre me fait prendre la tangente.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XLIV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ai-je besoin de ce Toi avaricieux&amp;#160;? Mon amour, c&amp;#8217;est l&amp;#8217;amour de
l&amp;#8217;amour. Donc, tu n&amp;#8217;existes pas. Il ne faut plus que tu existes afin que
cessent en moi ce hurlement et cette douleur qui me déchirent. Vais-je enfin
m&amp;#8217;enfanter&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XLV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Silence de mort. Un doigt invisible vient d&amp;#8217;écrire ton nom sur le sable. Je
tremble car je hais les fantômes, ces êtres de mauvaise conscience, ces
impostures de rêve. Oui, tu es une imposture, il ne faut plus que tu existes.
Je ne sais plus ton nom que je gémissais sous tes caresses. Je me roule dans le
sable pour effacer ta marque et ma douleur. Je vais dormir avec la lune.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XLVl&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n&amp;#8217;y a plus que Dieu en moi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XLVII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fallait-il vraiment que la douleur m&amp;#8217;épure pour que Tu triomphes&amp;#160;? Ce
moi broyé Te satisfait-il&amp;#160;? N&amp;#8217;es-Tu donc jamais la joie du corps&amp;#160;? Je
croyais le mien fait pour l&amp;#8217;amour. Sa beauté, mes talents d&amp;#8217;amoureuse, était-ce
pour les détruire que Tu me les avais donnés&amp;#160;? Consumée, pétrifiée par la
douleur et le jeûne, je ne puis que me rendre et m&amp;#8217;abandonner à Ta volonté.
Sois satisfait, ô Seigneur, j&amp;#8217;ai perdu la force et le désir de lutter
davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XLVIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poids du sable sur mon corps. Froid et lourd. Lui me revient en nostalgie
m&amp;#8217;écartelant sous ses membres, recouvrant par sa peau toute la mienne, mains et
pieds joints, brûlants de notre fièvre ardente. Les coups sourds de nos
coeurs&amp;#8230; arcanes incompris. J&amp;#8217;entends de nouveau dans mes oreilles les sons de
ce furieux tambour que maintenant je reconnais&amp;#160;: il dit le plus vieux
chant du monde, celui de l&amp;#8217;amour et de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;XLIX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vent du désert effacera ma trace. Seules deux pierres diront à ceux qui
passent, à ceux qui savent lire le langage du sable, qu&amp;#8217;il y eut là deux mains
tendres où la vie s&amp;#8217;inscrivait pour un temps de brûlure, un sourire qui
prolongeait l&amp;#8217;enfance et des yeux qui promettaient le ciel aux païens&amp;#8230; Vanité
de la vie, je contemple ma tombe et prie pour le repos de celle que je fus.&lt;/p&gt;</description>

    

      </item>
  
  <item>
    <title>Prix Prométhée</title>
    <link>http://gil.pasteur.ch/index.php/post/2007/06/07/Prix-Promethee</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:c5d2644eeac2bdcab2af745846b440d8</guid>
    <pubDate>Thursday  7 June 2007</pubDate>
    <dc:creator>Ex Nihilo</dc:creator>
        
    <description>    &lt;p&gt;Prix Prométhée 1977 de poésie mystique et spirituelle - Communiqué
officiel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Messieurs Max-Pol Fouchet, Charles Le Quintrec, Jean Mambrino, Gérard
Mourgue, Jean Onimus, Jean Orizet, Jean-Claude Renard et Robert Sabatier, Jurés
Nationaux du premier Concours Prométhée de Poésie Mystique et Spirituelle, se
sont réunis à l&amp;rsquo;initiative de Monsieur Guy Rouquet, fondateur du Concours et
Président du Grenier des Arts et des Loisirs de Lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme de sélections se déroulant dans le plus strict anonymat, le Jury
National a décidé d&amp;rsquo;accorder son parrainage à Madame Gil PASTEUR, de Paris,
pour son recueil Noces de Sable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Jury tient à souligner le caractère particulièrement original de ce
concours annuel et international destiné à promouvoir de façon concrète des
talents nouveaux dans le domaine de l&amp;rsquo;écriture poétique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lourdes, le 30 juin 1977&lt;/p&gt;</description>

    

      </item>
  
  <item>
    <title>Préface</title>
    <link>http://gil.pasteur.ch/index.php/post/2007/06/07/Preface</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a61c933470f9040532dbdbf613ee6815</guid>
    <pubDate>Thursday  7 June 2007</pubDate>
    <dc:creator>Ex Nihilo</dc:creator>
        
    <description>    &lt;p&gt;Ce poème fascinant et calciné (car il s&amp;rsquo;agit bien d&amp;rsquo;un seul poème en
quarante neuf fragments) est semblable au désert. Nu, austère, et pourtant
d&amp;rsquo;une étrange volupté dans le glissement de ses dunes. Et la verticale du
soleil a la force aspirante de l&amp;rsquo;Absolu. Ainsi Noces de Sable évoque, plutôt
que les lettres sublimes d&amp;rsquo;Héloïse ou les chants de Louise Labbé, la grande
poésie des soufistes musulmans à la fois charnelle et mystique. L&amp;rsquo;âme (est-ce
l&amp;rsquo;âme ? on ne sait, Dieu le sait) est comme arrachée du corps par la
violence de sa passion, et tend vers l&amp;rsquo;Innommé à travers l&amp;rsquo;amant qui la brûle.
Il s&amp;rsquo;agit bien d&amp;rsquo;un amant de chair, mais absent; pour toujours en fuite et
absent. Et le désir de l&amp;rsquo;amante semble lui-même à chaque instant s&amp;rsquo;échapper, se
dépasser à l&amp;rsquo;intérieur de l&amp;rsquo;incendie qui le consume. L&amp;rsquo;amour fou de l&amp;rsquo;Autre
ouvre la brèche, la déchirure irréparable où s&amp;rsquo;engouffre une haleine au goût de
soleil et de mort. Eblouissement. Aveuglement. Cendres. D&amp;rsquo;où l&amp;rsquo;âme et le corps
peuvent peut-être renaître, sans jamais oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Mambrino&lt;/p&gt;</description>

    

      </item>
  
  <item>
    <title>Commentaires</title>
    <link>http://gil.pasteur.ch/index.php/post/2007/06/07/Commentaires</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:c2fb89b5635bc5057838b0eee006c9da</guid>
    <pubDate>Thursday  7 June 2007</pubDate>
    <dc:creator>Ex Nihilo</dc:creator>
        
    <description>    &lt;p&gt;&lt;em&gt;Très beau. Une femme douloureuse. Une femme blessée dans l&amp;rsquo;esprit même
de sa chair.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Charles Le Quintrec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;J&amp;rsquo;aime&lt;/em&gt; Noces de Sable &lt;em&gt;à cause de ce mélange ambigu (bien
espagnol) de sensualité et de mystique - et cette atmosphère arabe, nomade,
chaude.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Jean Onimus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ici, je suis très sensible au feu qui brûle les phrases, à la tension
qui se poursuit presque sans défaillance, à l&amp;rsquo;alliance ambiguë de l&amp;rsquo;amour
profane et de l&amp;rsquo;amour sacré.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Max-Pol Fouchet&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;</description>

    

      </item>
  
  <item>
    <title>Pierres d'attente</title>
    <link>http://gil.pasteur.ch/index.php/post/2007/06/07/Pierre-dattente</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:04ac31d56e3f905988b78b9e6d684105</guid>
    <pubDate>Wednesday  6 June 2007</pubDate>
    <dc:creator>Ex Nihilo</dc:creator>
        
    <description>    &lt;p style=&quot;text-align: left&quot;&gt;I&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: left&quot;&gt;Je veux des fleurs dans la bouche de mes
statues&lt;br /&gt;
mes ancêtres de bois que le vent peut coucher&lt;br /&gt;
dont les yeux vides me fascinent et me jugent&lt;br /&gt;
je veux des fleurs pour effacer mes morts&lt;br /&gt;
                 fleurs
d&amp;rsquo;oubli&lt;br /&gt;
                 herbe
à prière&lt;br /&gt;
                 feux
de coeur&lt;br /&gt;
mes morts quand vous rejoindrai-je&lt;br /&gt;
pour danser les nuits de lune&lt;br /&gt;
dans les clairières du ciel?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;ai pas la force des fleuves&lt;br /&gt;
je ne charrie pas de limon&lt;br /&gt;
ni de jacinthes sauvages&lt;br /&gt;
hantées de brefs crépuscules&lt;br /&gt;
et les tam-tams ne m&amp;rsquo;annoncent point&lt;br /&gt;
sur des pirogues de fête&lt;br /&gt;
je viens d&amp;rsquo;un vieux pays&lt;br /&gt;
où le geste d&amp;rsquo;aimer&lt;br /&gt;
a tant servi de foi&lt;br /&gt;
que les cœurs sont polis&lt;br /&gt;
que ta peau est usée&lt;br /&gt;
que le corps est sans poids&lt;br /&gt;
sur une terre lourde&lt;br /&gt;
comme un chemin de croix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toi l&amp;rsquo;étranger partout croisé&lt;br /&gt;
dans ces boulevards d&amp;rsquo;errance&lt;br /&gt;
sillonnant les départs&lt;br /&gt;
tu as toujours le même regard&lt;br /&gt;
langage sombre du silence&lt;br /&gt;
demain sera l&amp;rsquo;absence&lt;br /&gt;
lors la main cherche l&amp;rsquo;autre&lt;br /&gt;
pour croire que les mots&lt;br /&gt;
bâillonnés dans les cœurs&lt;br /&gt;
seront perçus dans la chaleur&lt;br /&gt;
des peaux offertes à nos hasards&lt;br /&gt;
mais il est trop tard&lt;br /&gt;
pour aimer ou pour croire&lt;br /&gt;
un étranger m&amp;rsquo;attend là-bas&lt;br /&gt;
un étranger que je ne comprends pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai tellement navigué&lt;br /&gt;
entre des ports sans âme&lt;br /&gt;
où des marins douteux&lt;br /&gt;
s&amp;rsquo;enivrent jusqu&amp;rsquo;aux larmes&lt;br /&gt;
de gros vin et d&amp;rsquo;amour&lt;br /&gt;
pour des filles sans âge&lt;br /&gt;
j&amp;rsquo;ai tellement cherché&lt;br /&gt;
une miséricorde&lt;br /&gt;
en essayant d&amp;rsquo;aimer&lt;br /&gt;
plus loin que leurs mains vides&lt;br /&gt;
ces êtres de fatigue&lt;br /&gt;
que je ne croyais plus&lt;br /&gt;
qu&amp;rsquo;il existait encore&lt;br /&gt;
une bouche ou goûter&lt;br /&gt;
l&amp;rsquo;innocence d&amp;rsquo;un fruit&lt;br /&gt;
et caresser un corps&lt;br /&gt;
sans que vienne l&amp;rsquo;ennui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai – gorge offerte –lancinant&lt;br /&gt;
un cri d&amp;rsquo;oiseau qu&amp;rsquo;a perdu l&amp;rsquo;horizon&lt;br /&gt;
j&amp;rsquo;avance sur cette eau verte&lt;br /&gt;
j&amp;rsquo;ai peur plus que de raison&lt;br /&gt;
et je cherche pourquoi&lt;br /&gt;
tant de liberté&lt;br /&gt;
ne m&amp;rsquo;a pas donné&lt;br /&gt;
un bonheur plus grand&lt;br /&gt;
mes ailes sont courtes&lt;br /&gt;
et le vent violent&lt;br /&gt;
je rêve à la cage&lt;br /&gt;
qui m&amp;rsquo;eût protégée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit marin à la peau douce&lt;br /&gt;
ton odeur de cordage mouillé&lt;br /&gt;
entre mes lèvres s&amp;rsquo;est ancrée&lt;br /&gt;
j&amp;rsquo;ai dérivé entre des ports&lt;br /&gt;
où les méduses guettaient leurs proies&lt;br /&gt;
où nul ne te connaissait&lt;br /&gt;
où les chiens hurlaient à la mort&lt;br /&gt;
à la lune&lt;br /&gt;
à n&amp;rsquo;importe quoi&lt;br /&gt;
où les hommes se terraient&lt;br /&gt;
où les enfants naissaient sans voix&lt;br /&gt;
petit marin à la peau douce&lt;br /&gt;
un jour je te retrouverai&lt;br /&gt;
sur les vagues je te bercerai&lt;br /&gt;
dans mon cœur je t&amp;rsquo;enferrerai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais vers toi&lt;br /&gt;
comme un voyageur vers un arbre&lt;br /&gt;
laisse-moi croire à ton feuillage&lt;br /&gt;
à la douceur de ton lit de mousse&lt;br /&gt;
laisse-moi me lover si douce&lt;br /&gt;
au creux de ta branche maîtresse&lt;br /&gt;
laisse-moi reposer ma faiblesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;aurais voulu arriver les yeux nus&lt;br /&gt;
et t&amp;rsquo;offrir un corps vierge de mue&lt;br /&gt;
j&amp;rsquo;aurais voulu ne pas avoir connu&lt;br /&gt;
la haine&lt;br /&gt;
ni la douleur&lt;br /&gt;
aux creux des reins&lt;br /&gt;
j&amp;rsquo;aurais voulu n&amp;rsquo;avoir jamais eu&lt;br /&gt;
du sang&lt;br /&gt;
sur les mains&lt;br /&gt;
j&amp;rsquo;aurais voulu ne pas voir sur ton front&lt;br /&gt;
les ombres de mon passé&lt;br /&gt;
et pouvoir dans mon cœur&lt;br /&gt;
t&amp;rsquo;appeler le premier&lt;br /&gt;
mais je viens de si loin&lt;br /&gt;
et j&amp;rsquo;ai tant dû chercher&lt;br /&gt;
l&amp;rsquo;éclat d&amp;rsquo;or de ta peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu auras beau faire&lt;br /&gt;
et beau faire&lt;br /&gt;
et beau dire et courir&lt;br /&gt;
tu ne m&amp;rsquo;échapperas pas&lt;br /&gt;
je suis celle qui chante&lt;br /&gt;
quand le diable la hante&lt;br /&gt;
et qu&amp;rsquo;au profond des nuits&lt;br /&gt;
il transforme en bacchante&lt;br /&gt;
celle qu&amp;rsquo;on t&amp;rsquo;a choisie&lt;br /&gt;
pour t&amp;rsquo;éviter le pire&lt;br /&gt;
mourir jeune d&amp;rsquo;ennui&lt;br /&gt;
dans un éclat de rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faudra-t-il que je t&amp;rsquo;aborde&lt;br /&gt;
par le biais&lt;br /&gt;
par le louvoiement&lt;br /&gt;
faudra-t-il que je t&amp;rsquo;accorde&lt;br /&gt;
un regard vide&lt;br /&gt;
indifférent&lt;br /&gt;
faudra-t-il que je joue&lt;br /&gt;
cette farce cruelle&lt;br /&gt;
des bourgeois bien-pensants&lt;br /&gt;
que je ne dise pas&lt;br /&gt;
que la vie devient belle&lt;br /&gt;
rien qu&amp;rsquo;en te regardant&lt;br /&gt;
et que tous ces longs jours&lt;br /&gt;
précédant celui-là&lt;br /&gt;
je trahissais l&amp;rsquo;amour&lt;br /&gt;
en souriant parfois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je te retrouverai&lt;br /&gt;
garde le silence&lt;br /&gt;
laisse nos sangs se calmer&lt;br /&gt;
d&amp;rsquo;une trop longue absence&lt;br /&gt;
et nos regards mesurer&lt;br /&gt;
de nos vies la distance&lt;br /&gt;
quand je te sourirai&lt;br /&gt;
ouvre-moi tes bras&lt;br /&gt;
afin que se comble&lt;br /&gt;
le vide qui m&amp;rsquo;enterre&lt;br /&gt;
donne-moi tes lèvres&lt;br /&gt;
afin que s&amp;rsquo;apaise&lt;br /&gt;
ma faim de toi&lt;br /&gt;
celle de tous mes rêves&lt;br /&gt;
ma soif de toi&lt;br /&gt;
et que cesse ma fièvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps aura perdu&lt;br /&gt;
son visage de pierre&lt;br /&gt;
je sentirai la vie&lt;br /&gt;
bouger sous les paupières&lt;br /&gt;
et les cœurs affolés&lt;br /&gt;
battre sous les statues&lt;br /&gt;
lors le danserai nue&lt;br /&gt;
une intense prière&lt;br /&gt;
pour que nos amours durent&lt;br /&gt;
plus longtemps que la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tente mais en vain&lt;br /&gt;
de détourner ton regard de mes lèvres&lt;br /&gt;
et d&amp;rsquo;échapper à cette fièvre&lt;br /&gt;
que je devine dans tes mains&lt;br /&gt;
déjà tremblent mes reins&lt;br /&gt;
car je sais que désormais&lt;br /&gt;
nous sommes liés par ce désir&lt;br /&gt;
qui ne nous laissera de paix&lt;br /&gt;
que dans les orties du plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XIV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai peur de ton désir&lt;br /&gt;
de tes jambes enracinées&lt;br /&gt;
de ta lèvre gonflée&lt;br /&gt;
aimantant mon délire&lt;br /&gt;
j&amp;rsquo;ai peur que tes bras&lt;br /&gt;
emprisonnent mon corps&lt;br /&gt;
et qu&amp;rsquo;entre toi et moi&lt;br /&gt;
se faufile ma mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu me chaut la houle des autres&lt;br /&gt;
seules comptent les pulsations de ton sang&lt;br /&gt;
qui frappent dans ton cou&lt;br /&gt;
le rythme de mes joies&lt;br /&gt;
allumons les flambeaux&lt;br /&gt;
que la musique explose&lt;br /&gt;
je veux vivre ce que j&amp;rsquo;ose&lt;br /&gt;
et faire craquer le voile d&amp;rsquo;ennui&lt;br /&gt;
que tissent pesamment leurs regards endormis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XVI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes lèvres&lt;br /&gt;
voiliers de grands départs&lt;br /&gt;
et tes mains qui me cherchent&lt;br /&gt;
étraves creusant l&amp;rsquo;horizon de mon corps&lt;br /&gt;
des vagues&lt;br /&gt;
pendant que sombrent&lt;br /&gt;
mes raisons d&amp;rsquo;autres fois&lt;br /&gt;
me bercent encore …&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XVII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es beau comme un gardien de chèvres&lt;br /&gt;
et j&amp;rsquo;imagine que nos ancêtres avaient comme toi&lt;br /&gt;
la peau dorée et les cheveux frisés&lt;br /&gt;
assis sur un muret de pierres&lt;br /&gt;
les yeux fendus par le soleil&lt;br /&gt;
taillant dans sous les bois&lt;br /&gt;
des flûtes pour appeler&lt;br /&gt;
les bêtes égarées&lt;br /&gt;
et faire trembler le pas&lt;br /&gt;
des filles qui passaient&lt;br /&gt;
une jarre sur la tête&lt;br /&gt;
je souhaite que les soirs&lt;br /&gt;
le troupeau rassemblé&lt;br /&gt;
auprès d&amp;rsquo;un brasier d&amp;rsquo;herbes&lt;br /&gt;
qui leur chauffait les pieds&lt;br /&gt;
sur une peau de bique&lt;br /&gt;
soigneusement tannée&lt;br /&gt;
ils aient versé des filles&lt;br /&gt;
aux lèvres vagabondes&lt;br /&gt;
et joui de tout leur corps&lt;br /&gt;
du seul plaisir du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XVIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous aurons bouté le monde&lt;br /&gt;
et que la porte sera close&lt;br /&gt;
quand j&amp;rsquo;aurai ôté de ta peau&lt;br /&gt;
la marque des interdits&lt;br /&gt;
quand tu seras nu devant moi&lt;br /&gt;
lisse comme un petit garçon&lt;br /&gt;
je laisserai mes mains et mes lèvres&lt;br /&gt;
te hisser au centre de mon désir&lt;br /&gt;
au cœur de la nuit la plus pure&lt;br /&gt;
nous galoperons dans les étoiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XIX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne me laisse pas échapper&lt;br /&gt;
à l&amp;rsquo;étreinte de tes bras&lt;br /&gt;
ne laisse pas s&amp;rsquo;écarter&lt;br /&gt;
nos peaux émerveillées&lt;br /&gt;
nos lèvres assoiffées&lt;br /&gt;
nos sangs mêlés&lt;br /&gt;
laisse-moi t&amp;rsquo;aimer&lt;br /&gt;
comme un matin le soleil...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cytise aux paupières closes&lt;br /&gt;
ma fleur d&amp;rsquo;été ma tige reine&lt;br /&gt;
ton parfum au creux de ma main&lt;br /&gt;
entre mes reins ton obscur mouillé&lt;br /&gt;
et l&amp;rsquo;amour en moi ne survit&lt;br /&gt;
qu&amp;rsquo;au mouvement de ton calice&lt;br /&gt;
qu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;arrêt de mes supplices&lt;br /&gt;
mes cuisses&lt;br /&gt;
sont deux genêts&lt;br /&gt;
agités par le vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je contemple ton corps qui salue le soleil&lt;br /&gt;
le frisson du matin qui glisse sur ta peau&lt;br /&gt;
enlevant de la nuit la noirceur du sommeil&lt;br /&gt;
je contemple ton corps et puis je m&amp;rsquo;émerveille&lt;br /&gt;
de ta joue qui sourit de ce nouveau cadeau&lt;br /&gt;
unissant chaque jour et ton sang et le vent&lt;br /&gt;
comme un arbre dressé dans les forêts du temps&lt;br /&gt;
je contemple ton corps qui salue le soleil&lt;br /&gt;
dressant ses oriflammes dans le jour redonné&lt;br /&gt;
et je crois bien alors à ton éternité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon sein fruit d&amp;rsquo;été nu à ta bouche&lt;br /&gt;
petit sésame de mes soupirs&lt;br /&gt;
fait doucement mes cuisses s&amp;rsquo;ouvrir&lt;br /&gt;
et mes mains affolées&lt;br /&gt;
se retenir au vent&lt;br /&gt;
tandis que je me perds en gémissant&lt;br /&gt;
ô mon aimé qui peut&lt;br /&gt;
d&amp;rsquo;un geste tendre&lt;br /&gt;
me faire aller plus loin&lt;br /&gt;
qu&amp;rsquo;une lumière d&amp;rsquo;étoile&lt;br /&gt;
ne laisse plus attendre&lt;br /&gt;
nos cœurs et nos corps&lt;br /&gt;
ces malmenés d&amp;rsquo;une morale pale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doux à mon cœur les mots caresses&lt;br /&gt;
les mots qui troublent ma raison&lt;br /&gt;
silence de tes mains qui pressent&lt;br /&gt;
mes seins dans leur verte saison&lt;br /&gt;
morsure à mon cœur qui rêve&lt;br /&gt;
l&amp;rsquo;idée de ne plus avoir&lt;br /&gt;
un jour au bout de mes lèvres&lt;br /&gt;
ta peau si lisse mon miroir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXIV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes mains sur mes banches&lt;br /&gt;
ont composé les bouquets&lt;br /&gt;
de nos nuits obsédantes&lt;br /&gt;
où nos cœurs éclatés&lt;br /&gt;
s&amp;rsquo;unissaient&lt;br /&gt;
en caresses immortelles&lt;br /&gt;
tes mains – ô mon aimé – ont&lt;br /&gt;
de chaleur réveillé mes joies engourdies&lt;br /&gt;
de douceur donné folie à mon attente&lt;br /&gt;
de couleur étonné le soleil fulgurant&lt;br /&gt;
de notre cri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O ma colombe ô ma douce&lt;br /&gt;
ma tourterelle crucifiée&lt;br /&gt;
mes mains calices&lt;br /&gt;
ourlent ta chair exaspérée&lt;br /&gt;
tandis que se penche ma bouche&lt;br /&gt;
sur ton désir enraciné&lt;br /&gt;
qui perdure mon supplice&lt;br /&gt;
et que s&amp;rsquo;écoule&lt;br /&gt;
mon lait de vierge indomptée&lt;br /&gt;
mon sang de licorne farouche&lt;br /&gt;
entre tes lèvres énamourées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXVI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tes mains de soleil&lt;br /&gt;
ont moulé mon corps nu&lt;br /&gt;
tes lèvres sur ma peau&lt;br /&gt;
ont chanté mon éveil&lt;br /&gt;
nous sommes sans passé&lt;br /&gt;
demain ne viendra plus&lt;br /&gt;
seul le temps de t&amp;rsquo;aimer&lt;br /&gt;
accède à ma mémoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXVII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me crois Prométhée&lt;br /&gt;
quand le glisse mes mains&lt;br /&gt;
contre tes hanches douces&lt;br /&gt;
et ton brandon dressé&lt;br /&gt;
quand je presse ma bouche&lt;br /&gt;
sur ton cœur affolé&lt;br /&gt;
non je ne rougis pas&lt;br /&gt;
d&amp;rsquo;être tout à la fois&lt;br /&gt;
fille pudique et fille de joie&lt;br /&gt;
pour voir dans le plaisir&lt;br /&gt;
ta bouche supplier&lt;br /&gt;
et crier de délire&lt;br /&gt;
quand s&amp;rsquo;ouvre sous mes doigts&lt;br /&gt;
le feu de ton désir&lt;br /&gt;
qui nous roule tous deux&lt;br /&gt;
sur le brasier des dieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXVIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&amp;rsquo;or est la peau&lt;br /&gt;
du Bien-Aimé&lt;br /&gt;
quand l&amp;rsquo;éclaire&lt;br /&gt;
le feu de mon regard&lt;br /&gt;
douces les vierges tuées&lt;br /&gt;
pour ses litières&lt;br /&gt;
de lupanar&lt;br /&gt;
trop tendres sont ses mains&lt;br /&gt;
sur mes seins transformés&lt;br /&gt;
et sur mon ventre ouvert&lt;br /&gt;
comme un soleil d&amp;rsquo;été.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXIX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta joue&lt;br /&gt;
c&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;aube&lt;br /&gt;
et ton visage dans mon cou&lt;br /&gt;
cherchait un tapis d&amp;rsquo;herbes&lt;br /&gt;
pour y bercer notre attente&lt;br /&gt;
tes yeux&lt;br /&gt;
c&amp;rsquo;était un ciel dur&lt;br /&gt;
troué de météores&lt;br /&gt;
et je savais déjà&lt;br /&gt;
que l&amp;rsquo;ombre de tes cils&lt;br /&gt;
cachait ma destinée&lt;br /&gt;
mais je ne voulais pas la lire&lt;br /&gt;
tes mains – ô tes mains –&lt;br /&gt;
c&amp;rsquo;était sur mes rivages&lt;br /&gt;
l&amp;rsquo;immense progression&lt;br /&gt;
de mystérieux orages&lt;br /&gt;
en forme de questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Connais-tu le piquant des blés&lt;br /&gt;
sous tes fesses embrasées&lt;br /&gt;
quand le soleil te chevauche&lt;br /&gt;
et que le ciel éclate&lt;br /&gt;
dans l&amp;rsquo;orage attendu de ton sang&lt;br /&gt;
je vois au coin de ta bouche&lt;br /&gt;
l&amp;rsquo;ombre d&amp;rsquo;un baiser d&amp;rsquo;été&lt;br /&gt;
et dans ton sourire gêné&lt;br /&gt;
que longues sont les nuits d&amp;rsquo;hiver&lt;br /&gt;
quand dort la sève&lt;br /&gt;
des moissons futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXXI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indurée&lt;br /&gt;
ma joie&lt;br /&gt;
se trouve emprisonnée&lt;br /&gt;
dans une gangue de tristesse&lt;br /&gt;
jusqu’à ce que je te voie&lt;br /&gt;
que je sente ton odeur de bête douce&lt;br /&gt;
jusqu’à ce que je me sois&lt;br /&gt;
frottée à toi sur la mousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXXII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne veux pas savoir&lt;br /&gt;
comment seront les jours&lt;br /&gt;
où je ne verrai plus&lt;br /&gt;
ton sourire&lt;br /&gt;
source de mes délires&lt;br /&gt;
resterai-je immobile&lt;br /&gt;
sans un souffle de vent&lt;br /&gt;
pour animer mon corps&lt;br /&gt;
ou comme une cavale&lt;br /&gt;
épuisant son désir&lt;br /&gt;
dans un galop sans fin&lt;br /&gt;
me mettrai-je à courir&lt;br /&gt;
je ne veux pas savoir&lt;br /&gt;
comment dans mes bras vides&lt;br /&gt;
je bercerai le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXXIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aube refuge moitié&lt;br /&gt;
de ton silence&lt;br /&gt;
aux mains fermées&lt;br /&gt;
sous les paupières de l&amp;rsquo;oubli&lt;br /&gt;
pour moi seule dans tout ce gris&lt;br /&gt;
la tache blanche de l&amp;rsquo;absence&lt;br /&gt;
pliée comme un oiseau sans vie&lt;br /&gt;
les genoux juste sous le nez&lt;br /&gt;
refusant la réalité&lt;br /&gt;
je confonds dans un baiser mouillé&lt;br /&gt;
le jour nouveau et ton visage aimé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXXIV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai gardé sur mon corps&lt;br /&gt;
les marques du plaisir&lt;br /&gt;
que tes doigts inspirés&lt;br /&gt;
ont tracé sur ma peau&lt;br /&gt;
je ne peux que gémir&lt;br /&gt;
quand mes seins se rappellent&lt;br /&gt;
ta bouche qui pressait&lt;br /&gt;
le temps de mon désir&lt;br /&gt;
quand mon ventre fidèle&lt;br /&gt;
semblait sentir en lui&lt;br /&gt;
ta vie – qu&amp;rsquo;elle était belle&lt;br /&gt;
quand la lune était pleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXXV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu reviendras&lt;br /&gt;
chercher au bout&lt;br /&gt;
de mes doigts de fée&lt;br /&gt;
le calice de la fleur d&amp;rsquo;oubli&lt;br /&gt;
tu reviendras&lt;br /&gt;
après avoir frotté&lt;br /&gt;
ton souvenir aux peaux d&amp;rsquo;ennui&lt;br /&gt;
tu reviendras&lt;br /&gt;
ouvrir mes mains closes&lt;br /&gt;
refermant le soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXXVI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ton absence est mon leurre et ma métamorphose&lt;br /&gt;
je te dure dans le flou d&amp;rsquo;imaginaires contrées&lt;br /&gt;
et mes mains agitées dessinent d&amp;rsquo;étranges rives&lt;br /&gt;
dans le vide mouvant de ma passion charnelle&lt;br /&gt;
pour ton corps possédé le temps d&amp;rsquo;une illusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXXVII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maya&lt;br /&gt;
mon doux repos&lt;br /&gt;
ma patiente promesse&lt;br /&gt;
berceras-tu longtemps&lt;br /&gt;
mon bagage de cendres&lt;br /&gt;
et ma bouche brûlée&lt;br /&gt;
sous ses lèvres trop tendres&lt;br /&gt;
j&amp;rsquo;ai besoin de me perdre&lt;br /&gt;
dans sa peau&lt;br /&gt;
dans ses reins&lt;br /&gt;
et que la terre éclate&lt;br /&gt;
dans ses yeux&lt;br /&gt;
dans les miens&lt;br /&gt;
rien qu&amp;rsquo;un éclair&lt;br /&gt;
un seul&lt;br /&gt;
mais qu&amp;rsquo;il ne reste rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXXVIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne connais pas&lt;br /&gt;
ma chambre et ses murs&lt;br /&gt;
en pierres d&amp;rsquo;attente&lt;br /&gt;
où vient se caresser la vague&lt;br /&gt;
qui chaque nuit m&amp;rsquo;emporte au large&lt;br /&gt;
tu ne connais pas&lt;br /&gt;
mon attente de toi dans le noir&lt;br /&gt;
quand le mal de mer&lt;br /&gt;
quand le mal de mort&lt;br /&gt;
est le mal de toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XXXIX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai rêvé de toi cette nuit&lt;br /&gt;
à ton corps dans mon corps&lt;br /&gt;
comme une terre promise&lt;br /&gt;
comme une source chaude&lt;br /&gt;
que viennent encore le sommeil&lt;br /&gt;
et l&amp;rsquo;illusion de ta présence&lt;br /&gt;
que je retrouve la vie&lt;br /&gt;
d&amp;rsquo;un corps docile à ton absence&lt;br /&gt;
que vienne la nuit&lt;br /&gt;
que monte la lune mon amie&lt;br /&gt;
que je rêve que je rêve encore&lt;br /&gt;
de l&amp;rsquo;ombre de ton corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toi qui peut tout&lt;br /&gt;
que je sois dans tes bras&lt;br /&gt;
et que sur ta peau nue&lt;br /&gt;
je me glisse hors du temps&lt;br /&gt;
fais que de nos baisers&lt;br /&gt;
la durée s&amp;rsquo;éternise&lt;br /&gt;
que je ne sache plus&lt;br /&gt;
ce que j&amp;rsquo;étais avant&lt;br /&gt;
que je sois recréée&lt;br /&gt;
par la chaleur des ondes&lt;br /&gt;
de tes mains qui me tuent&lt;br /&gt;
et me remettent au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XLI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais comment te dire&lt;br /&gt;
ces mots terribles et trop usés&lt;br /&gt;
ces mots que je pourrais saigner&lt;br /&gt;
tant mon cœur crève à les faire vivre&lt;br /&gt;
je sais qu&amp;rsquo;ils ne les croiraient pas&lt;br /&gt;
s&amp;rsquo;ils me voyaient te les chanter&lt;br /&gt;
les amis des chemins refusés&lt;br /&gt;
et celui qui m&amp;rsquo;attend là-bas&lt;br /&gt;
je ne sais comment te dire&lt;br /&gt;
qu&amp;rsquo;il me serait doux d&amp;rsquo;en finir&lt;br /&gt;
plutôt que de te voir douter&lt;br /&gt;
de mon je t&amp;rsquo;aime émerveillé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XLII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai trouvé au creux de ma main&lt;br /&gt;
entre les lignes de mon destin&lt;br /&gt;
rougies par le feu de nos liens&lt;br /&gt;
deux rameaux si bien tressés&lt;br /&gt;
comme chèvrefeuille et coudrier&lt;br /&gt;
cœur et corps entrelacés&lt;br /&gt;
que je reste à me demander&lt;br /&gt;
de quelles croix ils sont chargés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XLIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne tiens que le vent&lt;br /&gt;
quand je garde mes mains&lt;br /&gt;
ouvertes à ta présence&lt;br /&gt;
je te cherche partout&lt;br /&gt;
en murmurant ton nom&lt;br /&gt;
pendant ces jours si longs&lt;br /&gt;
où la nuit me terrasse&lt;br /&gt;
sans me donner ton corps&lt;br /&gt;
où la vie m&amp;rsquo;embarrasse&lt;br /&gt;
où je songe à la mort&lt;br /&gt;
plus douce&lt;br /&gt;
que ton absence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XLIV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai croisé l&amp;rsquo;ange de la mort&lt;br /&gt;
sur un chemin planté de croix&lt;br /&gt;
ses yeux de mille éclats&lt;br /&gt;
ont transpercé mon corps&lt;br /&gt;
des épines de fer&lt;br /&gt;
sont entrées dans la chair&lt;br /&gt;
trop tendre de mon amour&lt;br /&gt;
et à cet instant-là&lt;br /&gt;
j&amp;rsquo;ai entendu ta voix&lt;br /&gt;
qui me disait toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XLV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;entends les grillons chanter&lt;br /&gt;
mais la foule va gronder&lt;br /&gt;
je vois la lune monter&lt;br /&gt;
mais la foule va hurler&lt;br /&gt;
car j&amp;rsquo;ai ouvert ma chemise&lt;br /&gt;
offert ma gorge à la lumière&lt;br /&gt;
mes mains douces insoumises&lt;br /&gt;
à ton désir à ma prière&lt;br /&gt;
mais la foule m&amp;rsquo;a lapidée&lt;br /&gt;
et mon sang coule sur les pierres&lt;br /&gt;
mon cœur tendre qui riait&lt;br /&gt;
s&amp;rsquo;est ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XLVI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&amp;rsquo;emporterai-je un jour&lt;br /&gt;
aussi loin que ma vue&lt;br /&gt;
a porté mon espoir&lt;br /&gt;
auras-tu la ferveur&lt;br /&gt;
de suivre dans le sable&lt;br /&gt;
mes empreintes de sel&lt;br /&gt;
et de calmer mon cœur&lt;br /&gt;
quand je me croirai seule&lt;br /&gt;
à bénir l&amp;rsquo;Eternel&lt;br /&gt;
de nous avoir donné&lt;br /&gt;
un amour à porter&lt;br /&gt;
comme un enfant dans le désert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XLVII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai glissé une entrave&lt;br /&gt;
dans le fermoir&lt;br /&gt;
de mon bracelet d&amp;rsquo;esclave&lt;br /&gt;
pendant que s’égrènent&lt;br /&gt;
les heures de ton absence&lt;br /&gt;
pendant que je traîne&lt;br /&gt;
mes membres chargés&lt;br /&gt;
de tant de peines&lt;br /&gt;
de tant de chaînes&lt;br /&gt;
pendant que se balance&lt;br /&gt;
le temps de ton agonie&lt;br /&gt;
ô mon maître asservi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XLVIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fus la note obscure&lt;br /&gt;
qui déchire le temps&lt;br /&gt;
et ouvre les doigts des soleils&lt;br /&gt;
je fus celle que tu .murmurais&lt;br /&gt;
aux heures de prière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XLIX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis comme une gueuse&lt;br /&gt;
au ventre vide&lt;br /&gt;
et tordu de désirs&lt;br /&gt;
dont les tiraillements&lt;br /&gt;
réclament ton festin&lt;br /&gt;
et ma faim carnassière&lt;br /&gt;
rôde à pas souples et lents&lt;br /&gt;
autour de ta présence imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ton sourire fantôme&lt;br /&gt;
source de mes métamorphoses&lt;br /&gt;
hante mes couches sombres&lt;br /&gt;
où sèchent mes désirs&lt;br /&gt;
et j&amp;rsquo;apprends à gémir&lt;br /&gt;
à l&amp;rsquo;ombre de ton nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derrière les grilles scellées&lt;br /&gt;
j&amp;rsquo;attends la fin de l&amp;rsquo;absence&lt;br /&gt;
seul me parle le muezzin&lt;br /&gt;
pour m&amp;rsquo;appeler à la prière&lt;br /&gt;
j&amp;rsquo;erre nue sur les tapis de pierre&lt;br /&gt;
où cliquettent les chaînes&lt;br /&gt;
qui m&amp;rsquo;entravent&lt;br /&gt;
le sexe et le cœur&lt;br /&gt;
aux murs de déraison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regarde mes mains privées&lt;br /&gt;
de ta peau magicienne&lt;br /&gt;
et je reste étonnée&lt;br /&gt;
que tout mon sang avide&lt;br /&gt;
continue à brasser&lt;br /&gt;
une vie dénudée&lt;br /&gt;
de ton sourire illuminé&lt;br /&gt;
que mon ventre et mes seins&lt;br /&gt;
se soulèvent au vent&lt;br /&gt;
de cette nuit de ma mémoire&lt;br /&gt;
je ne sais qui je suis&lt;br /&gt;
mais si je cessais d&amp;rsquo;aimer&lt;br /&gt;
je cesserais de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus jamais&lt;br /&gt;
faut-il que plus jamais&lt;br /&gt;
je ne pose ma main&lt;br /&gt;
sur ta chaleur&lt;br /&gt;
que nos doigts s&amp;rsquo;entrecroisent&lt;br /&gt;
préfaçant une étreinte&lt;br /&gt;
- un croisement de feux -&lt;br /&gt;
écrite par les dieux&lt;br /&gt;
plus jamais&lt;br /&gt;
le baiser du matin&lt;br /&gt;
du bout du monde&lt;br /&gt;
à la pointe du sein&lt;br /&gt;
ô l&amp;rsquo;odeur de l&amp;rsquo;aube heureuse&lt;br /&gt;
ô le goût de ta chair amoureuse&lt;br /&gt;
son soleil déchirait ma nuit&lt;br /&gt;
et engendrait mon premier cri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LIV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon corps vide de toi&lt;br /&gt;
promène sous les soleils&lt;br /&gt;
sa peau de chagrin fou&lt;br /&gt;
des hommes la réveillent&lt;br /&gt;
en approchant leurs mains&lt;br /&gt;
malheur à qui sommeille&lt;br /&gt;
je suis un froid qui brûle&lt;br /&gt;
comme une lune bien pleine&lt;br /&gt;
de pierres et de feux&lt;br /&gt;
de cris et de dieux&lt;br /&gt;
hurlant à tous les chiens&lt;br /&gt;
le chant des amours vaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;ai plus que les mots&lt;br /&gt;
pour adorer ton corps&lt;br /&gt;
et même en lettres d&amp;rsquo;or&lt;br /&gt;
ils ne suffiraient pas&lt;br /&gt;
à caresser ta peau&lt;br /&gt;
à chanter son éclat&lt;br /&gt;
je n&amp;rsquo;ai plus que les mots&lt;br /&gt;
pour protéger encore&lt;br /&gt;
mon amour contre sa mort&lt;br /&gt;
ils ne suffiront pas&lt;br /&gt;
à franchir les créneaux&lt;br /&gt;
dressés par tant de bras&lt;br /&gt;
i1s ne suffiront pas&lt;br /&gt;
à troubler ton repos&lt;br /&gt;
de guerrier sans combat&lt;br /&gt;
je n&amp;rsquo;ai plus que les mots&lt;br /&gt;
pour reprendre mon pas&lt;br /&gt;
de chercheuse d&amp;rsquo;échos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LVI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais sur quel rivage&lt;br /&gt;
J&amp;rsquo;ai laissé mon rire endormi&lt;br /&gt;
ô mer larme des dieux&lt;br /&gt;
près du désert des hommes&lt;br /&gt;
je ne sais où mes yeux&lt;br /&gt;
ont pris ce goût de sel&lt;br /&gt;
était-ce à contempler&lt;br /&gt;
ton corps condamné&lt;br /&gt;
dans son silence obstiné&lt;br /&gt;
les jasmins fleurissaient&lt;br /&gt;
sous tes mains paresseuses&lt;br /&gt;
qui sont passées sur moi&lt;br /&gt;
comme une vague creuse&lt;br /&gt;
le sable&lt;br /&gt;
et puis s&amp;rsquo;en va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LVII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;A mon frère de route et de déroute:&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne cherche plus&lt;br /&gt;
au fond de mes yeux de mer&lt;br /&gt;
l&amp;rsquo;écume des nuits perdues&lt;br /&gt;
dans la course aux chimères&lt;br /&gt;
il n&amp;rsquo;y a que des larmes amères&lt;br /&gt;
et quelques ouragans cachés&lt;br /&gt;
dans mon sourire de naufragée&lt;br /&gt;
comment pouvais-je croire encore&lt;br /&gt;
qu&amp;rsquo;avec tes prudences de sage&lt;br /&gt;
tu m&amp;rsquo;aiderais à vaincre le sort&lt;br /&gt;
qui toujours m&amp;rsquo;éloigne le port&lt;br /&gt;
moi qui ai déjà vu la mort&lt;br /&gt;
aux mains nerveuses et sauvages&lt;br /&gt;
rester peureuse sur le rivage&lt;br /&gt;
dont je vois s&amp;rsquo;effacer le bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LVIII&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;attends que le temps&lt;br /&gt;
me délivre&lt;br /&gt;
de la prison de silence&lt;br /&gt;
où je suis enfermée&lt;br /&gt;
jusqu&amp;rsquo;à ce que tu oses&lt;br /&gt;
prononcer le mot clef&lt;br /&gt;
qui me rendra l&amp;rsquo;aube&lt;br /&gt;
et la liberté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LIX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon amoureuse pierre&lt;br /&gt;
pupille noire de mon cœur&lt;br /&gt;
tu pèses chaque nuit&lt;br /&gt;
plus lourd que ma vie&lt;br /&gt;
et nous dormons ensemble&lt;br /&gt;
en parenthèse d&amp;rsquo;un temps&lt;br /&gt;
qui n&amp;rsquo;appartient qu&amp;rsquo;au vent&lt;br /&gt;
de ma défaite&lt;br /&gt;
bercée dans tes bras froids&lt;br /&gt;
j&amp;rsquo;attends que se ferment tes doigts&lt;br /&gt;
sur mon âme infrangible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O mon obscur ô ma peau d&amp;rsquo;ambre&lt;br /&gt;
les tentes de l&amp;rsquo;amour sont parties&lt;br /&gt;
où m&amp;rsquo;attendait les nuits d&amp;rsquo;été&lt;br /&gt;
ton corps de lune&lt;br /&gt;
je ne vois que le vent&lt;br /&gt;
qui doucement remue les dunes&lt;br /&gt;
et je ne sais si mes yeux fatigués&lt;br /&gt;
à te chercher dans le reflet des puits&lt;br /&gt;
suivent mon souvenir&lt;br /&gt;
ou un mirage&lt;br /&gt;
et me font avancer vers une ombre.&lt;br /&gt;
Mais seule dans le désert&lt;br /&gt;
m&amp;rsquo;attend une tombe&lt;br /&gt;
sur laquelle est gravé&lt;br /&gt;
le nom&lt;br /&gt;
que tu m&amp;rsquo;avais donné.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LXI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu n&amp;rsquo;es plus que l&amp;rsquo;imaginé&lt;br /&gt;
je reste seule à te regarder&lt;br /&gt;
quand je voudrais te caresser&lt;br /&gt;
à cœur perdu à corps brisé&lt;br /&gt;
tu es ma lune et mon désert&lt;br /&gt;
mes pas dans l&amp;rsquo;éternité&lt;br /&gt;
mes nuits de fièvres désirées&lt;br /&gt;
à vouloir de ta peau la lumière&lt;br /&gt;
entre mes mains apprivoisées&lt;br /&gt;
je ne veux plus rien dire&lt;br /&gt;
je ne veux plus qu&amp;rsquo;aimer.&lt;/p&gt;</description>

    

      </item>
  
  <item>
    <title>Commentaires</title>
    <link>http://gil.pasteur.ch/index.php/post/2007/06/06/Commentaires</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a34fc32b17bed6cf4f496056d3836ccc</guid>
    <pubDate>Wednesday  6 June 2007</pubDate>
    <dc:creator>Ex Nihilo</dc:creator>
        
    <description>    &lt;p&gt;La poesia de Gil Pasteur comporta un mensage directo lleno de simbolismo
sensual. Pero sus imágenes no se agotan en descriptiones formales, sino que
tienden a un contenido sustancial que las promueve a la categoría
metafísica.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El testimonio poético de la autora, profundamente femenina, afirma esa
condición, sublimándola a través de un &amp;quot;bien decir&amp;quot; musical y rítmico.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>

    

      </item>
  
  <item>
    <title>Édition originale</title>
    <link>http://gil.pasteur.ch/index.php/post/commander</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7037b4ddede12a36736cba7e4cb342a8</guid>
    <pubDate>Tuesday  5 June 2007</pubDate>
    <dc:creator>Ex Nihilo</dc:creator>
        
    <description>    &lt;p&gt;Vous pouvez commander l&amp;rsquo;édition originale bilingue (version française
originale et traduction espagnole), publiée en 1976 à Montevideo, jusqu&amp;rsquo;à
épuisement du stock. Le prix est de 5 € par exemplaire (frais d&amp;rsquo;envoi compris).
Pour passer commande, il suffit d&amp;rsquo;envoyer un mail à
&lt;strong&gt;webmaster@pasteur.ch&lt;/strong&gt; en indiquant quel(s) recueil(s) vous
désirez ainsi que le nombre d&amp;rsquo;exemplaires. Le paiement se fait par chèque à la
livraison.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;em&gt;Noces de Sable / Bodas de arena&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://gil.pasteur.ch/public/noces.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://gil.pasteur.ch/public/./.noces_s.jpg&quot; alt=&quot;Noces de sable&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;em&gt;Pierres d&amp;rsquo;attente / Atalaya de
piedra&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://gil.pasteur.ch/public/pierres.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://gil.pasteur.ch/public/./.pierres_s.jpg&quot; alt=&quot;Pierres d'attente&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>

    

      </item>
  
</channel>
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